Mécanisme · « La fille parfaite »
Viser l'impeccable pour te sentir légitime. Et ne jamais te sentir à la hauteur.
Par Sandy Morin, Préparatrice Mentale et Coach à MontpellierMis à jour le 28 octobre 20266 min de lecture
Le perfectionnisme au travail est une stratégie qui consiste à viser l'irréprochable pour se sentir légitime. Il pousse à l'excellence, mais il coûte cher : décisions retardées, surcharge, difficulté à déléguer et sentiment de ne jamais en faire assez. En préparation mentale, on ne le supprime pas : on ajuste le réglage pour garder l'exigence sans le coût.
Le psychologue Randy Frost l'a décrit dès 1990 : le perfectionnisme associe des standards très élevés et une préoccupation forte pour l'erreur. Ce n'est pas un défaut. C'est une stratégie que tu as construite, souvent très tôt, et qui a marché : les diplômes, les postes, les résultats. Le jour où elle tourne en pilote automatique, elle devient un frein.
La différence entre exigence et perfectionnisme tient en une question : est-ce que tu vises la bonne qualité pour l'enjeu, ou la qualité maximale pour être à l'abri du reproche ?
Du temps, d'abord : les décisions attendent le moment parfait. De l'énergie ensuite : tout porter seule vide le réservoir avant 19 h. Et de la place : pendant que tu vérifies encore, la décision se prend sans toi. Pour les entrepreneures, il se voit aussi sur le compte en banque : des tarifs qui n'ont pas bougé depuis deux ans.
Il est prêt depuis lundi. Tu le relis mardi, tu ajoutes une annexe mercredi, tu reformules l'introduction jeudi. Vendredi, tu l'envoies avec une journée de retard. Le contenu n'a presque pas changé ; ton énergie, si. En séance, on fixe avant la tâche le niveau utile pour l'enjeu, et une heure limite d'envoi.
On procède comme un athlète qui corrige un geste : une situation réelle à la fois.
Le dossier que tu refais, la présentation que tu repousses, la réunion où tu te tais faute d'avoir tout vérifié.
Avant chaque tâche, tu définis le niveau utile pour l'enjeu et tu t'arrêtes là. Tu décides avec 70 % de l'information, comme le montrent les 5 leviers pour décider sous pression.
Chaque décision prise « à 95 % » qui se passe bien devient une preuve. Au bout de quelques mois, le réflexe se déplace : l'exigence reste, la peur de l'erreur ne pilote plus.
Le perfectionnisme se combine souvent avec le besoin de contrôle ou la suradaptation. Le test en 3 minutes t'indique lequel domine chez toi.
Ni l'un ni l'autre : c'est une stratégie. Elle est utile quand elle sert l'enjeu, coûteuse quand elle sert surtout à se protéger du reproche.
Oui. L'objectif est de garder des standards élevés tout en acceptant de décider et de livrer au niveau utile pour l'enjeu.
Les premiers déplacements apparaissent en quelques semaines. L'accompagnement MindSynergy dure six mois pour ancrer de nouveaux réflexes qui tiennent sous pression.
Tu veux appliquer ça à ta prochaine échéance réelle ? On part d'un comité, d'une négociation ou d'une décision que tu repousses, et on la prépare ensemble.
Quel mécanisme te freine ? Le test en 3 min → Réserver ma session offerteSandy Morin, Préparatrice Mentale et Coach à Montpellier et dans l'Hérault.
Directrice Générale Adjointe d'une entreprise de santé, passée par les RH et ancienne entraîneure de voile, elle entraîne les femmes cadres et entrepreneures à tenir leur place sous pression. Son parcours
Source : Frost, Marten, Lahart et Rosenblate, « The dimensions of perfectionism », Cognitive Therapy and Research, 1990.
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