Performance
Pourquoi la pression n'est pas l'ennemie, et comment l'utiliser au lieu de la subir.
Par Sandy Morin, Préparatrice Mentale et Coach à MontpellierMis à jour le 28 octobre 20267 min de lecture
La pression est une activation du corps qui prépare à la performance. Selon la loi de Yerkes-Dodson, la performance monte avec l'activation jusqu'à un seuil, puis baisse. Le but est d'ajuster ce curseur : nommer ce qui se passe, réguler par la respiration et préparer en amont.
Tu connais cette sensation. Le cœur qui accélère, le souffle plus court, l'esprit qui tourne avant un moment qui compte. On appelle ça « le stress », et on le traite comme un ennemi à faire taire. C'est une erreur. La pression n'est pas le problème. Ce que tu en fais, si.
Quand l'enjeu monte, ton organisme s'active : vigilance, énergie disponible, attention aiguisée. Ce n'est pas un dérèglement, c'est un système de performance. Les chercheurs Robert Yerkes et John Dodson l'ont montré dès 1908 : la performance suit une courbe en cloche. Trop peu d'activation, et tu manques de tonus. Trop, et tu satures. Entre les deux, il existe une zone où la pression te rend plus précise, plus rapide, plus présente.
Le but n'est donc pas de supprimer la pression : c'est d'ajuster le curseur. C'est exactement ce que travaillent les athlètes avant une finale.
Oui, et ce n'est pas qu'une image. À l'université Stanford, les travaux d'Alia Crum ont montré que les personnes qui considèrent le stress comme une ressource, et non comme une menace, réagissent différemment, jusque dans leur physiologie. Même situation, même tension dans le corps, mais un effet opposé selon l'interprétation. Te dire « je suis activée, pas en danger » n'est pas une formule magique : c'est une bascule concrète qui réoriente ton énergie.
Léon Marchand en est un bon exemple. Son préparateur mental, Thomas Sammut, décrit un nageur qui, à ses débuts, partait porté par la peur de mal faire, et que cela desservait. Ce qui a tout changé, raconte le champion à Brut : réaliser qu'en cas d'échec, l'essentiel ne bougerait pas. « Ma famille sera toujours aussi contente pour moi. » À partir de là, la peur s'est dissoute : il a pu nager pour essayer, au lieu d'éviter de perdre.
Parce que l'enjeu perçu dépasse l'enjeu réel. Quand ta valeur personnelle semble se jouer dans un comité ou une négociation, l'activation passe au-dessus de ta zone utile. C'est fréquent chez les femmes qui ont construit leur légitimité sur l'irréprochable : chaque échéance devient un examen. Le perfectionnisme au travail et le besoin de contrôle font grimper le curseur bien avant le jour J.
Dis « mon corps s'active pour cet enjeu » plutôt que « je stresse ». Le mot que tu choisis oriente la réaction.
Une respiration lente, avec une expiration plus longue que l'inspiration (par exemple 4 secondes pour inspirer, 6 pour expirer, pendant deux minutes), abaisse le curseur sans éteindre l'énergie. À l'inverse, quelques inspirations dynamiques réveillent quand tu manques de tonus.
Plus tu as anticipé, moins l'inconnu fait grimper l'activation au-delà de ta zone utile. La routine d'avant-performance te donne une méthode en cinq étapes.
Avant ton prochain moment à enjeu, fais ce relevé en trois temps :
Au bout de trois situations, tu connais ta zone de performance : le niveau d'activation où tu es la plus précise. C'est ce repère que l'on affine ensuite en séance.
Les femmes très performantes ont souvent appris à ignorer leurs signaux de tension pour tenir. Elles fonctionnent bien, jusqu'au jour où le curseur dépasse la zone utile sans prévenir. Réapprendre à lire ces signaux, comme un athlète lit son corps à l'échauffement, est souvent le premier déclic.
Tu repères ton signal d'alerte (la nuque qui se tend, les phrases qui s'accélèrent) et tu prépares la phrase « je suis activée, pas en danger ».
Deux minutes de respiration 4-6, puis un focus sur ce qui dépend de toi : ton message clé, ta posture, ton silence après l'annonce.
La pression ne disparaîtra pas, et c'est tant mieux : c'est elle qui te signale que ça compte. Le jour où tu cesses de la combattre pour apprendre à la doser, elle redevient un moteur. Pour le jour même, lis ce que les sportifs entraînent pour performer le jour J.
Nomme l'activation comme une préparation, régule-la par une respiration à expiration longue, et prépare la situation en amont pour rester dans ta zone de performance.
Non. Un niveau d'activation est utile pour être vive et précise. L'objectif est de le doser, pas de le supprimer.
Deux minutes de respiration lente (4 secondes à l'inspiration, 6 à l'expiration), puis un retour sur une seule chose qui dépend de toi : ton premier message ou ta posture.
Tu veux appliquer ça à ta prochaine échéance réelle ? On part d'un comité, d'une négociation ou d'une décision que tu repousses, et on la prépare ensemble.
Quel mécanisme te freine ? Le test en 3 min → Réserver ma session offerteSandy Morin, Préparatrice Mentale et Coach à Montpellier et dans l'Hérault.
Directrice Générale Adjointe d'une entreprise de santé, passée par les RH et ancienne entraîneure de voile, elle entraîne les femmes cadres et entrepreneures à tenir leur place sous pression. Son parcours
Sources : Yerkes et Dodson, 1908 ; Alia Crum, Université Stanford, travaux sur l'état d'esprit face au stress ; Léon Marchand, entretien Brut, 2022.
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